Schaerbeek Rue d’Aerschot
C’était il y a deux ans, en mars 2007. La commune de Schaerbeek lançait la première opération « Trash », à la rue d’Aerschot, célèbre pour ses bars à néons. Quelque 70 hommes (policiers de la zone Nord, agents de la Propreté de Schaerbeek, membres de l’Office des étrangers et agents de l’Agence Bruxelles Propreté) se déployèrent dans les rues allant de la gare du Nord à la place Liedts. Trash déboucha sur 97 verbalisations dont 36 actes de salissures et… 45 cas d’urine en lieu public !
Les « pipis sauvages » sont une plaie dans le quartier. La faune qui fréquente la rue d’Aerschot est souvent bien imbibée. Dans les rues perpendiculaires, cela ne va guère mieux : elles sentent l’urine.
Depuis une dizaine d’années, la commune tente de lutter contre ce fléau qui prend de l’ampleur (certains ne prennent même plus la peine d’uriner discrètement) : elle réprime (des PV à 75 euros), multiplie les opérations « Trash » (jusqu’à une par mois !) et a fait installer deux urinoirs, rue d’Aerschot, financés par le contrat de quartier. Nettoyés deux fois par jour et arrosés toutes les heures, ils ne suffisent cependant plus.
En 2008, un comptage a été effectué : en une semaine, plus de 6.000 personnes avaient utilisé l’urinoir au coin de la rue Rogier. Néanmoins, les habitants se plaignent. De plus en plus de personnes se soulagent sur leur porte, sur les murs et même sur le parvis de l’église de la rue de Brabant.
Mobilisation générale
Il faut donc aller au-delà. Et c’est aujourd’hui la mobilisation générale, à Schaerbeek. Sus à l’ennemi et miction impossible. La commune lance ses forces vives. Cécile Jodogne, bourgmestre faisant fonction et trois de ses échevins (Tamimount Essaïdi, Afaf Hemamou et Michel De Herde) appuient l’opération « Pipis sauvages ». Celle-ci est montée par l’ASBL Samenlevingsopbouw, Pléiade Nord, Espace P et la Cellule Embellissement de Soleil du Nord. Pendant trois mois, à partir de ce 12 mai, une série de dispositifs seront mis en place dans le quartier afin de dissuader les gens d’uriner n’importe où.
Pour faire de cette opération un succès, les associations ont fixé des plaques « spitantes » (l’urine est rejetée sur le pantalon de celui qui se soulage) sur des murs et portes dont les urineurs sont friands. Et de faux fils électriques seront placés aux endroits stratégiques (l’urineur ne sera bien entendu pas électrifié, mais il l’aurait été si les fils avaient été raccordés). Enfin, des miroirs dissuaderont toute personne prise d’une envie pressante et décidée à en découdre contre une porte. Tous ces dispositifs seront surmontés d’une pancarte portant l’inscription « Ceci n’est pas un urinoir ».
Enfin, la SNCB a accepté de renforcer la signalisation des urinoirs sur le mur de la gare. Les associations distribueront cartes postales et autocollants dans les bars et dans la rue. Une évaluation sera réalisée durant les trois mois.
ROBERT FRANCOIS Mardi 5 mai 2009 dans: Le Soir